JOHN McLAUGHLIN
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Biographie

Né dans le Yorkshire en Angleterre en 1942, John McLaughlin débute au piano, à l’âge de neuf ans alors que sa mère est violoniste. Deux ans plus tard, il se tourne vers la guitare, qu’il étudie en autodidacte.
À la fin des années cinquante, il joue un temps avec le banjoïste Pete Deuchar et ses Professors of Ragtime, puis se décide à partir pour Londres où il fait ses premiers pas dans le métier, dans des groupes de rock et de blues.

Au début des années soixante, la route du jeune John McLaughlin croise celle de Georgie Fame et les Blue Flames, puis il joue avec Alexis Korner, la Graham Bond Organization et Trinity, de l’organiste Brian Auger. Il passe ensuite six mois en Allemagne, au sein de la formation de Gunter Hampel.

En 1968, à vingt-six ans, il initie ses premiers projets personnels et forme son propre groupe avec John Surman, Tony Oxley et le bassiste Brian Odges. Cette même année marque le coup d’envoi de sa carrière discographique en leader avec l’enregistrement de son premier album : "Extrapolation" (1969).
Les choses s’accélèrent. Sur les conseils de Dave Holland, Tony Williams qui vient de quitter Miles Davis pour fonder Lifetime, fait appel à John McLaughlin. Ils enregistrent, avec l’organiste Larry Young, "Emergency" (1969). Il y aura ensuite "Turn It Over" (1970). Lancé dans une série de projets ambitieux, enregistrant et donnant des concerts, McLaughlin a apprécié cette formation au point de refuser de l'abandonner pour entrer dans le groupe de Miles Davis.
Quand Lifetime se sépare, John McLaughlin collabore avec Miles Davis, participant avec lui à la composition de nombreux chefs-d'œuvre et notamment à plusieurs albums référentiels à la fin des années soixante, début soixante-dix : "In A Silent Way", "Bitches Brew", "Big Fun", en 1969, puis "A Tribute to Jack Johnson", "Live-Evil", en 1970 et "On The Corner" en 1972.
Entre-temps, John McLaughlin enregistre avec Jimi Hendrix, Buddy Miles et Dave Holland. Les bandes témoins de cette session restent inédites.


Nouvel alblum, Floating Point
2008 - Mediastarz, Monaco


"Industrial Zen"

Lire l'article Downbeat, février 2008

De nouvelles ères se dessinent, la fusion électrique attire des musiciens d’horizons différents. Le guitariste, devenu disciple du gourou Sri Chinmoy Ghose, prend le nom de Mahavishnu. Après un nouvel album solo, "My Goals Beyond" (1970), il fonde l’un des groupes phares de ces années jazz rock : le Mahavishnu Orchestra. Billy Cobham, Jam Hammer, Jerry Goodman et le bassiste Rick Laird font partie de la première mouture de cette formation. "The Inner Mounting Flame" (1971) ouvre une série d’enregistrements qui enthousiasment un public conquis par les accents exploratoires de cette musique en prise avec les évolutions technologiques de son époque. Le groupe se produit à guichets fermés dans d'immenses salles bondées.
Malgré les succès des disques qui suivront (albums qui se sont vendus à des milliers d'exemplaires), notamment "Birds Of Fire" (1972) et "Mahavishnu Orchestra" (1973), l’aventure du groupe s’interrompt, et reprendra le temps de plusieurs épisodes avec des acteurs renouvelés: Jean-Luc Ponty et Gayle Moran ("Visions of The Emerald Beyond" en 1974), Bill Evans, Jonas Hellborg, Mitchell Forman, Billy Cobham, Danny Gotlieb, Katia Labèque, Hariprasad Chaurasia et Hussain ("Mahavishnu" 1984, puis "Adventures in Radioland" 1986).

Après une brève rencontre guitaristique au sommet, "Love Devotion Surrender" (1972), avec Carlos Santana (un autre disciple de Sri Chinmoy Ghose), John McLaughlin entreprend de jouer avec des musiciens indiens : le violoniste L. Shankar, les percussionnistes Zakir Hussain et Raghavan. Le groupe Shakti voit le jour en 1975 et jusqu'en 1977 Shakti fait le tour de la planète. Cette formation célèbre bien avant la mode “world”, les vertus d’une confrontation culturelle sincère et approfondie dont témoignent : "Shakti" (1975), "A Handful of Beauty" (1976) et "Natural Elements" (1976).
Shaktidissout en 1978, L. Shankar suit John McLaughlin dans One Truth Band, formation électrique à la durée de vie éphémère.

Le guitariste reprend alors ses droits : il signe tout d’abord un "Electric Guitarist" (1978) au titre explicite. Puis, après une parenthèse française avec notamment la pianiste Katia Labèque, "Music Spoken Here" en 1980, il se lance dans des passes d’armes acoustiques explosives avec Al Di Meola et Paco de Lucia. Toute une génération de guitaristes s’extasie sur les sommets de virtuosité atteints par les trois hommes et gravés sur les incontournables "Friday Night In San Francisco" (1980) et "Passion Grace and Fire" (1983).
En 1985, John McLaughlin retrouve Miles Davis en studio pour "You’re Under Arrest". Il participe ensuite au “Round Midnight” de Bertrand Tavernier, avant de fonder, en 1988, un trio guitare-basse-percussion centré sur sa complicité avec le génial Trilok Gurtu. Pendant quatre ans, le groupe, où se succèdent à la basse Jonas Hellborg, Jeff Berlin, Kai Eckhardt et Dominique Di Piazza, tourne et enregistre "Live At The Royal Festival Hall" (1990) et "Que Alegria" (1992), repousse toujours plus loin les limites de ses figures libres. "The Mediterranean" concerto pour guitare et orchestre paraît en 1990.

En 1993, John McLaughlin aborde une nouvelle page, choisit de revenir à ses premiers amours pour le trio avec orgue Hammond. Il appelle Dennis Chambers, batteur ès-funk et une nouvelle merveille repérée par Miles Davis, un tout jeune prodige du nom de Joey De Francesco. Des concerts un peu partout dans le monde, une formule éminemment spectaculaire : le trio The Free Spirits roule des épaules : Tokyo Live (1994). Dans l’intervalle, John McLaughlin concrétise un travail de longue haleine : une réécriture pour guitares de la musique de Bill Evans, en compagnie du quartette classique Aighetta. "Time Remembered" (1993) rend hommage au raffinement du compositeur, au romantisme du pianiste. Dans la foulée, en 1994, le guitariste, Joey De Francesco à l’orgue et cette fois Elvin Jones aux baguettes, revisitent John Coltrane : "After The Rain" est un album dense, intense. Le drumming farouche du batteur légendaire, porte ses partenaires vers des chorus inspirés, soufflés par l’esprit du grand saxophoniste.

1996 s’ouvre pour John McLaughlin sur un album bilan, "The Promise", au casting prestigieux dont Jeff Beck, Michael Brecker, David Sanborn, Sting. "The Promise" opère comme un regard porté par le guitariste aujourd’hui, sur les différentes époques et rencontres de son périple musical. Miles Davis, le trio d’orgue, les rythmes indiens, la fusion, ses compères Al Di Meola et Paco de Lucia : "The Promise" tente de rendre compte d’un parcours ouvert sur tous les possibles, jamais superficiel, et de résumer un peu l’histoire d’un musicien insaisissable et insatiable, toujours à la recherche de nouvelles pistes à défricher. Cette même année, il reforme le Guitar Trio d’il y a quinze ans avec Paco de Lucia et Al Di Meola. La magie ne s’est pas éteinte.

En 1997, entouré d’un nouveau groupe qui porte le nom de The Heart of Things, John McLaughlin poursuit sa quête d’excellence. Il se donne pour tâche de reformuler le langage musical afin d'exprimer toute la portée de sa voix intérieure.
Parmi les nombreux intervenants réunis dans l’album "The Promise", le batteur Dennis Chambers et le magicien des claviers Jim Beard se sont retrouvés au sein d’un groupe d’electric jazz. Ils ont créé le style subtil et dynamique du New York Fusion, que l’on retrouve dans "The Heart Of Things". Dans cet album, Beard et Chambers se lancent à nouveau dans la bagarre, avec le percussionniste Victor Williams, le saxophoniste Gary Thomas et le jeune Matthew Garrison à la basse électrique.
A l'occasion de leur performance à La Cigale en novembre 1998, avec Otmaro Ruiz au clavier, le concert fera l'objet de l'enregistrement live pour le second album "The Heart Of Things Live in Paris". John reste le jeune tigre de la guitare moderne. Il n'en finit pas de se faire les griffes sur des jeunes musiciens, puisant en eux l'énergie et l'inspiration indispensables à son développement musical leur offrant en échange une confiance totale.
«(…) J'accueille un nouveau clavier dans le groupe, Otmaro Ruiz. Il est vénézuélien. Il a 23 ans et j'en ai 56. Et alors? D'accord j'ai beaucoup plus d'expériences que lui et je suis le leader mais dans la première minute de musique, il va comprendre qu'il est là parce que je l'admire (...)»

À l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Inde, en 1997, Shakti se reforme, 20 ans plus tard sous le nom de Remember SHAKTI. John McLaughlin enregistre un nouvel album live "Remember SHAKTI" avec Zakir Hussain, T.H. Vikku Vinayakram et Hariprasad Chaurasia, fruit de plusieurs récitals en Grande-Bretagne. Pour beaucoup, Shaktireste l’âge d’or de John McLaughlin, un mythe fondateur pour les rencontres du troisième type. Recouvrer ses esprits après un quart de siècle, rouvrir le grand livre et noircir quelques bonnes feuilles.

De la formation évoquée par Shakti ne demeure que Zakir Hussain aux tablas. Le violon de L. Shankar est remplacé par la mandoline d'U. Shrinivas -l'homme qui a su imposer la mandoline dans la musique carnatique (de l'Inde du Sud)- ensuite le joueur de percussion a changé, puisque V. Selvaganesh n'est autre que le fils de T.H. Vikku Vinayakram. Selvaganesh use de diverses percussions, dont le ghatam ou le kanjira, et perpétue avec génie la tradition familiale. Cette formation, dont l'album "The Believer" (2000) enregistré au cours de la tournée européenne en 1999, pratique une savante alchimie, mêlant le jazz et la musique indienne pour aboutir à un résultat riche et surprenant.
Saturday Night in Bombay(2001) Shakti, en sanskrit c’est littéralement l’énergie, ou plutôt la version féminine de l’énergie divine.
On ne pouvait rêver meilleure conclusion pour ce siècle qui n’en finit pas de finir, pour se rappeler qu’il fût celui de toutes les aventures musicales.

2003, “Thieves & Poets” est une commande de Jürgen Nimbler et la Deutsche Kammerphilharmonie à McLaughlin avec lesquels il a effectué une tournée européenne. Réorchestrée pour orchestre symphonique et jouée à Paris avec Paco de Lucia, cette pièce a été également utilisée pour les ballets de Monte-Carlo. En complément, il revisite 4 standards dédiés à 4 pianistes différents (Bill Evans, Herbie Hancock, Chick Corea, Gonzalo Rubalcaba)

2006, McLaughlin renoue clairement ici avec l’énergie, la fougue et la sophistication formelle des meilleurs enregistrements du Mahavishnu Orchestra — cet orchestre matrice qui depuis sa création en 1973 ne cesse de hanter le guitariste britannique et de resurgir par à-coups dans sa musique, en régénérant chaque fois et l’esprit et à la forme. Nouvelle incarnation splendide de cet « éternel retour » vivifiant, « Industrial Zen » non seulement synthétise et résume trente années d’expérimentations fusionnelles (du rock au jazz à la musique indienne), portant cette esthétique syncrétique à un degré d’intensité et de perfection formelle rarement atteint — mais surtout ouvre sur l’avenir, projetant indéniablement les valeurs d’ouvertures, de métissage et de spiritualité universaliste qui sont le substrat de l’art du guitariste dans le magma informel des musiques nouvelles.

2008, John McLaughlin enregistre l’album « Floating Point », sur lequel on retrouve Hadrien Féraud à la basse, enregistré principalement en Inde avec des musiciens que le guitariste décrit comme « les jeunes lions de l’Inde ». Il participe également à la célébration de la musique de Miles Davis à travers l’album « Miles From India » qui offre une relecture des titres du trompettiste à travers le prisme de la musique indienne, et sur lequel McLaughlin signe le titre qui donne son nom à l’album.

Repères discographiques de John McLaughlin

Leader ou co-leader
2008. Floating Point, Mediastarz, Monaco
2006. Industrial Zen, Verve
2003. Thieves & Poets, Verve
2001. Saturday Night in Bombay, Verve
2000. Remember Shakti The Believer, Verve
1999. Remember Shakti, Verve - réf. 3145599452
1997. The Heart Of Things, Verve - réf. 31453915362
1996. The Guitar Trio, Verve
1995. The Promise, Verve - réf. 3145298282
1994. The Free Spirits, Tokyo Live, Verve - réf.3145218702
1994. After The Rain, Verve - réf. 3145274672
1993. Time Remembered, Plays Bill Evans, Verve - réf. 3145198612
1992. Que Alegria, Verve - réf. 8372802
1990. The Mediterranean, Columbia
1989. Live At The Royal Festival Hall, JMT - réf. Verve 8344362
1986. Adventures In Radioland, Verve - réf. 3145193972
1984. Mahavishnu, Warner Bros
1983. Passion Grace And Fire, Philips
1982. Music Spoken Here, Warner Bros
1981. Belo Horizonte, Warner Bros
1980. Friday Night In San Francisco, Philips
1979. Electric Guitarist, Columbia
1978. Electric Dreams, Columbia
1977. Natural Elements, Columbia
1976. A Handful Of Beauty, Columbia
1975. Shakti, Columbia
1974. Visions Of Emerald Beyond, Columbia
1974. Inner Worlds, Columbia
1974. Apocalypse, Columbia
1973. Mahavishnu Orchestra, Oh Boy
1973. Between Nothingness And Eternity, Columbia
1972. Love Devotion Surrender, Columbia
1972. Birds Of Fire, Columbia
1971. The Inner Mounting Flame, Columbia
1970. Where Fortune Smiles, BGO Records
1970. My Goals Beyond, Vogue
1970. Devotion, Douglas
1969. Extrapolation, Polydor - réf. Verve 84115982

Sideman
1986. Zakir Hussain : Making Music, ECM
1985. Miles Davis : You're Under Arrest, Columbia
1985. Bill Evans : The Alternative Man, Blue Note
1980. Stanley Clarke : Fuse One, CTI
1980. Paco de Lucia : Castro Marin, Philips
1980. Miroslav Vitous : First Meeting, ECM
1976. Stanley Clarke : Shool Days, Epic
1975. Stanley Clarke : Journey To Love, Epic
1975. Larry Coryell : Planet End, Vanguard
1974. Carlos Santana : Welcome, Columbia
1972. Tony Williams : Lifetime, Polydor
1972. James Taylor : One Man Dog, Warner Bros
1972. Carla Bley : Escalator Over The Hill, JCOA
1972 Miles Davis : On The Corner, Columbia
1970. Wayne Shorter : Mato Grosso Feio, Blue Note
1970. Tony Williams : Turn It Over, Polydor
1970. Miroslav Vitous : Purple, Epic
1970. Miles Davis : Live-Evil, Columbia
1970. Miles Davis : Get Up With It, Columbia
1970. Miles Davis : A Tribute To Jack Johnson, Columbia
1970. Larry Coryell : Spaces, Vanguard
1970. Joe Farrell Quartet, CTI
1970. Jack Bruce : Things We Like, Polydor
1969. Wayne Shorter : Super Nova, Blue Note
1969. Tony Williams : Emergency !, Polydor
1969. Miles Davis : In A Silent Way, Columbia
1969. Miles Davis : Bitches Brew, Columbia
1969. Miles Davis : Big Fun, Columbia
1968. Kenny Wheeler : Winmill, Tilter, Fontana
1968. Georgie Fame : Third Face Of Fame, Columbia
1967. Gordon Beck : Experiments with Pops, Major Minor
1967. Emcee Five : Bells Lues, Birdland
1966. Twice As Much : Own Up, Immediate

 

Les DVD de John McLaughlin

2008. "Meeting of the minds", Mediastarz
2007. "The gateway to rhythm"
2007. "This is the way I do it", Mediastarz
2006. Remember Shakti “The Way of Beauty", Universal Jazz

 

 

Le livre de John McLaughlin

2006 Improvisations

The entire scores for 5 guitars and bass guitar.
The improvisations of John McLaughlin on the four standards recorded on the CD "Thieves & Poets"

 

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